Laure Morali  été 2010



Paru : Comment va le monde avec toi. Publie.net

Carnet de bord viédo de la résidence d'écrivain de Laure Morali = http://bookbeo.com/LaureM#

Lancée en 2000, lors du désarmement du Sémaphore du Créac’h, l’idée de prolonger le travail entrepris pour la littérature insulaire, a conduit l’association Culture, arts et lettres des îles a proposer à ses partenaires, la création d’une résidence d’écrivain sur Ouessant.

Après Rodney Saint-Eloi, premier écrivain reçu en résidence à l’été 2009, Laure Morali viendra séjourner pour un temps dédié à la création durant l’été 2010.

La résidence d'écrivain bénéficie du soutien du Conseil régional de Bretagne, du Conseil Général du Finistère, de la Mairie d'Ouessant.

  

arrivée à Ouessant 

 

découverte de la bibliothèque de l'association CALI

Réception en Mairie le mardi 20 juillet 


 

LAURE MORALI

 

Laure Morali, née en 1972, grandit dans la presqu’île de Saint-Jacut de la mer, étudie à Rennes puis à Montréal. Elle publie un recueil de poèmes en 2004, La terre cet animal, après avoir publié deux récits, La route des vents (2002) et La mer à la porte (2001).
En 2008, elle sort un récit pour la jeunesse, La P’tite Ourse (livre-dvd, Éditions Naïve).
Son premier roman Dans les yeux d’un papillon est paru au début de l’année 2010 aux éditions Mémoire d’encrier.
Titulaire d’une maîtrise en création littéraire et d’un DEA en littératures françaises, elle anime des ateliers d’écriture depuis dix ans en milieu scolaire. L’écriture, l’animation d’ateliers et les lectures publiques sont aujourd’hui ses principales activités professionnelles.
Bretonne d’origine, Laure Morali a le voyage dans le sang. Depuis quinze ans, elle fréquente les rives du Saint-Laurent et consolide son amitié avec le peuple Innu. Elle initie et dirige un livre de correspondances littéraires entre écrivains des Premières Nations et écrivains québécois intitulé Aimititau ! Parlons-nous ! (Mémoire d’encrier). Puis elle accompagne l’écriture bilingue du premier recueil de la poète innue Joséphine Bacon, Bâtons à message, Tshisssinuatshitakana (Mémoire d’encrier, 2009) dont elle écrit la postface.
Elle réalise également des films documentaires, parmi lesquels Les femmes naissent dans les coquillages, 2002 ; Les filles de Shimun, 1999 et un portrait de l’écrivain N. Scott Momaday : L’ours et moi, 2007. Ses livres comme ses films sont à l’écoute de la mémoire des territoires et de la transmission d’histoires fragiles.
Dans la préface de la terre cet animal, elle inscrit son parcours et sa voix littéraire dans la géographie maritime :
« La mer est ma maison d’enfance. Petite, je voulais devenir un poisson. J’avais beau nager la nuit en plein hiver, rester longtemps sous l’eau, balayer les coquillages avec les cheveux, rien ne se passait. J’attendais qu’elle m’amène, aller, venir, gonfler, disparaître, porter le souffle, être le souffle de ses propres vagues, à la surface refléter les nuances du ciel et, au fond de soi, créer de la lumière.
J’ai pris de la graine. Je ne demandais plus qu’on me change en papillon de mer, j’aurais même accepté la coquille d’un bigorneau. Je passais des nuits d’été sous un pin parasol qui courbait de vieilles aiguilles roussies vers la terre. Je m’endormais avec le bruissement des vagues, enfoncée dans un matelas d’herbe, et j’étais là quand la mer donnait naissance au soleil.
Le premier chant venait avec les oies bernaches. Elles se posaient dans le feu mouillé de la brume. J’enviais ce bleu dans le noir de leurs plumes à force de couler dans l’horizon. Ces étoffes de poèmes repartiraient bientôt envelopper les vents, ruisselantes d’un sel qui laisserait sur les rochers la trace du voyage.
Je crois que c’est le tronc du vieux pin qui m’a fait mûrir en me montrant qu’on ne peut pas changer d’état sans avoir un peu appris de ce qui nous est donné. Je devais profiter de mes pieds pour marcher sur la terre avant de prétendre devenir poisson. Il était sage, cet arbre ; il devait pressentir son devenir de feu, un jour d’orage. Je me suis fiée à l’orientation de ses branches dans la boussole de la baie. Elles pointaient la Grande Ourse qui dormait sur l’île, au-delà. Alors je suis partie, de l’autre côté de la mer, sentir l’odeur de la terre.»

Projet d’écriture
« Écrire dans le sémaphore du Créac’h, sur l’île d’Ouessant, face à la mer correspond à un grand rêve, un souhait profond. Rares sont les opportunités de trouver ces conditions, pour moi idéales, de création. La rencontre de l’air, de l’eau et de la terre engendre un souffle. Il faut du temps et du silence pour l’entendre. Quand je retrouve ce souffle, je tiens le fil de l’écriture. Le recueil que je me propose de poursuivre, dans le cadre de cette résidence, vit en moi depuis longtemps. Je l’appelle « O »…
O comme Ouessant…
O comme Ouest…
O comme Océan…
O comme Os… » 

Principales publications
2010 Dans les yeux d’un papillon. Roman. Mémoire d’encrier. Montréal.

2008 La P’tite ourse. Livre jeunesse. Naïve. Paris.

Aimititau ! Parlons-nous ! Direction littéraire. Mémoire d'encrier. Montréal.

2004 La Terre cet animal (Version revue, corrigée et augmentée). Poésie. La Part commune. Rennes. 
2003 La Terre cet animal. Poésie. Mémoire d’encrier. Montréal.

2002 La Route des vents. Récit. La Part Commune. Rennes.

2001 La Mer à la porte. Poésie. Avec des photographies de Delphine Zana. La Part Commune. Rennes.

Textes en revues et anthologies

2009 « O », L’Archipel des Lettres N°5.
« Petit lexique du grand large » dans Les Mots passants, Revue Riveneuve Continents. Paris.
2008 « Mamuitutau ! Rassemblons-nous ! » dans Québecs2008. Revue Riveneuve Continents. N°6. Paris. « Guérir de l’Histoire » Article critique. Revue Spirale. N° 218. Montréal.
« Il a dit que l’aube… » Collectif La Lumière. Collection La Poésie prend le métro. Le Temps des Cerises et Adage. Montréal.
« Nos souvenirs outre marins » Collectif Un fleuve, l’hiver. Carnet de navigation N°5. La Traversée, Atelier québécois de géopoétique. Montréal.
« Les Baies des bords de lac » Dans la Lune. N° 11. Paris.
2007 « Sous les jambes d’un ange » dans Ruelles. Exit. N° 48. Montréal.
Deux poèmes dans L’Agenda de la mer 2007 sous la direction d’Yvon Le Men. Éditions Arthaud. Paris.
2006 « An 0 » dans L’Eau Inquiète. Mouvance.ca. N°5-6. Montréal.
« Les os de sept corps dans un îlot » dans Mémoires d’eau. Bacchanales n°40, Maison de la Poésie Rhône-Alpes. Grenoble.
« La terre cet animal ». Anthologie Medana 2006. Dixième festival international de poésie de Medana, Studentska zalozba, Lujubljana, Slovénie.
2005 « Comme la mer » dans Lever l’encre. Liberté. N° 269. Montréal.
Poème dans l’anthologie Ivresse. Bacchanales. N°36. Maison de la poésie Rhône-Alpes et Adage. Montréal.
Poèmes dans 111 poètes d’aujourd’hui en Rhône-Alpes, anthologie présentée par Jean-Louis Roux. Maison de la poésie Rhône-Alpes/Le Temps des Cerises. Grenoble.
1998 Poèmes dans Aube magazine n°61 (dossier Québec), Éditions Paroles d’aube, Vénissieux.
1996 « Le bord des péninsules » dans l’anthologie Il fait un temps de poèmes, sous la direction d’Yvon Le Men. Filigranes Éditions.
Autre publication
2009 Postface et collaboration à l’édition de Bâtons à message, Tshissinuatshitakana de Joséphine Bacon. Poésie. Mémoire d’encrier, Montréal.